Le but de la promenade est connue de tous, ils sont des milliers à débarquer de bus tous les jours. Les chinois, coréens, japonais et autres nationalités se succèdent à la porte de ce parc naturel. Il faut s'acquitter de 25 dollars (moins de cinquante centimes) pour entrer et admirer le paysage. Yeliu ressemble à un banc de terre assez long où le paysage ressemble aux meilleurs passages des BD de Tintin. La terre sableuse a subi le souffle de l'air et le vacarme des vagues. Les formes sont floues, parfois on peut distinguer des choses folles comme cette Tête de Reine (Queen Head) que tout le monde connait. Aussitôt vous prononcez Yeliu, on vous dira dans un anglais approximatif "Queen Head". Vous savez que les asiatiques ont une notion différente du tourisme. On admire peu le paysage et on prends des photos. On doit (et c'est le principe fondamental des vacances chinoises, coréennes, japonaises etc..) se montrer sur les photos, car tout cela peut être des photos montage. Vous pourriez alors perdre la "face" et surtout la crédibilité de vos vacances. Déjà que vous en avez pas beaucoup des vacances ... Cela serait un véritable affront à votre vie et tout simplement à votre humilité.
| La tête de la reine et son fils à gauche? |
Les taiwanais ont trouvé le moyen de ruiner un site exceptionnel. Ils ont le moyen de bousiller quelque chose qui fait leur différence, qui les distingue d'une Chine puissante et géante, qui prouve que Taiwan n'est pas chinoise... Ils ont trouvé la brillante idée de peindre une ligne rouge et plutôt épaisse au sol. Cette ligne est interrompue tous les vingt mètres d'un écriteau sur une plaque de marbre. Danger, danger, ils voient le danger partout, même s'il n'existe pas vraiment. Les taiwanais craignent tout, ont peur peut-être de la propre ombre, ne savent pas nager et n'ont qu'un mot dans la bouche "小心" ou "危險". Cela en fait deux, mais je ne saurais lequel est le plus dit. Le premier signifie "attention" et le deuxième "danger". On pourrait dire qu'ils sont synonymes ou bien du même champ lexical. Quand on sort du bus on nous de faire attention aux éventuels scooters kamikazes qui se faufileraient entre le trottoir et le bus à l'arrêt. Quand il pleut, la professeur nous dit de "faire attention" à la pluie, ou bien du froid. On veut mettre en garde contre tout, et parfois c'est un peu trop. Revenons sur Yeliu. Cette ligne est symbolique de ce système. Même si il y a environ 10 ou 15 mètres cette ligne, les règles sont les règles. Tentez de franchir la ligne, et vous serez rappeler par l'armée "discrète". Ces derniers identifiables parmi mille se feront un plaisir de siffler pour vous montrer que ce que vous faites est mal et fortement proscrit.
Nous avons profité d'un taxi pour "aller à la plage". Le taxi qui nous a pris a été gentil, et très taiwanais "oui je vous emmène à une plage très très bien!" Il nous amené à une vingtaine de kilomètres et nous a demandé tout fièrement : "20 euros s'il vous plait". Le prix annoncé avait été moitié moins cher au début, mais comme en plein élan de bonté, il nous a dit "ah mais il ne faut pas aller là, je vous emmène là-bas c'est encore mieux". Bon il était gentil, et on est quatre, et puis il nous a fait écouté du Modern Talking. Sensation étrange de vacances, de soleil et des années 80 à grand coup de "You're my heart, you're my soul". Et grand plaisir de chacun, la baignade au coucher du soleil à 17H11, avec une eau à plus de 23°. C'est frisquet par rapport à ce qu'on a connu mais cela a fait beaucoup de bien. Et pour finir une petite bière en terrasse d'un bar et devant le lâché d'une lanterne en plein ciel. Moment hautement poétique après une journée de chaleur, de promenade et de baignade. Nous sommes rentrés par le bus dans lequel nous avons cru mourir plusieurs fois. Ayrton Senna a du se réincarner dans l'âme de ce chauffeur au masque blanc.
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